Comme l’explique le Dr Jean-Marie Denoix, docteur vétérinaire, pour améliorer les capacités physiques de son cheval, son entraînement fait intervenir des notions très approfondies de biomécanique sportive et de travail physique adapté.

Il porte sur deux domaines complémentaires et souvent travaillés conjointement :
1- La mise en condition : dynamiser le métabolisme musculaire pour favoriser une meilleure aptitude à l’effort prolongé et une meilleure récupération après celui-ci.
2- La gymnastique du cheval divisée en 2 phases :
– L’assouplissement des articulations par l’étirement des ligaments et des muscles pour assurer la contention et la stabilité des articulations ;
– Le développement de la proprioception, alliant contraction et coordination musculaire, rendant le geste plus aisé, léger et plus sûr ;

Le premier système actif impliqué dans un exercice physique étant le système musculaire et annexes, c’est sur lui que nous allons porter notre attention.

 

Le cheval : cet individu unique

Prenez deux chevaux en mouvement. Ils ne bougeront pas de la même façon. Plusieurs raisons à cela :

  1. Leur anatomie (attache des membres, angulation des articulations, force et souplesse).
  2. Leur activité, leur entraînement
  3. Leur suivi sportif par les professionnels équins comme le maréchal, l’ostéopathe, le vétérinaire, le masseur professionnel (ayant suivi le cursus de formation inscrit au RNCP sous le n°31959).

Tous ces facteurs ont un impact sur sa locomotion, sur sa manière de bouger.

 

Le cheval : une mécanique bien synchronisée

Les muscles sont les moteurs du mouvement, par l’intermédiaire des tendons et des os. Ils modifient ainsi la position des os au sein de cette même articulation dans une ou plusieurs directions (flexion, extension, abduction…).

Pour que le mouvement se réalise, il faut que les muscles soient capables à tout moment de se contracter, se relâcher et se laisser s’étirer.

Le cheval est composé de 480 muscles, connectés entre eux par de nombreux tissus dont les fascias (enveloppes tissulaires).

Quand un muscle se contracte, il n’est jamais tout seul. C’est une chaîne musculaire tout entière qui entre en jeu, impliquant un relâchement sur les muscles antagonistes pour permettre le mouvement (voir schéma). Il est important de garder à l’esprit qu’un mouvement ne se limite jamais à une articulation, ni aux muscles alentours. Le mouvement a toujours un “effet domino”.

Si on regarde la morphologie du cheval, on constate que le dos est comme “un pont suspendu” où les piliers sont les membres. Une coordination musculaire (contraction / relâchement) de la chaîne musculaire ventrale et dorsale est indispensable pour un mouvement juste des membres.

Pour en savoir plus, nous vous conseillons de lire l’article « Le dos du cheval : quelques notions d’anatomie et de biomécanique » réalisé par Dr Isabelle BURGAUD Docteur vétérinaire et Nelly GENOUX Ingénieur agronome de l’Ifce.

 

La compensation : L’effet papillon

La compensation est un phénomène naturel, géré par le système nerveux. L’organisme cherche à supprimer les effets des contraintes ou des stress mécaniques et mentaux qu’il subit en répartissant le dysfonctionnement de la zone atteinte vers d’autres régions.

En effet, en laissant une compensation s’installer, le cheval ou poney va modifier sa locomotion pour réduire sa gêne ou compenser son manque de force sur une zone (ou autres…) et accentuer au fil du temps une dissymétrie.

Prenons l’exemple d’une poussée inégale des postérieurs : Les forces transmises vers l’avant seront alors dissymétriques. Le dos, étant l’élément de transmission vers l’avant-main, sera la 1ère zone où s’installera des phénomènes de compensation pour corriger et transmettre à l’avant-main une force plus égale. Vous pouvez voir sur la photo ci-dessous, l’effet sur le dos d’une inégalité de tonicité des postérieurs (simulé par un membre posé vs un relâché) qui simule ce qui peut se passer en dynamique.

Il convient donc de ne négliger aucun muscle et de mobiliser régulièrement l’ensemble de ses articulations afin de garder une musculature saine et équilibrée.
Il est important de bien observer son cheval bouger et de déceler toute dysharmonie musculaire, c’est-à-dire une perte d’équilibre, d’ordre et d’harmonie. Elle pourrait alors entraîner une sorte de dissymétrie musculaire pouvant le limiter dans sa locomotion.

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Article écrit en collaboration avec Aux Soins des Anim’Eau

Sources :

  • “Anatomie Du Cheval et Performance” Gillian Higgins et Stephanie Martin ed. Belin
  • “Biomécanique et gymnastique du cheval” Pr Jean-marie Denoix ed. Vigot)
  • “Le cheval juste “ Bernard Maurel ed. Belin
  • “Ostéopathie pour le cheval” Katja M.-L. Eser ed. Maloine
  • “Le stretching pour votre cheval” Jean-Michel Boudard col cheval magazine
    “Anatomie du cheval” Bernard Collin