Je me suis souvent demandée en regardant bouger les chevaux de haut niveau quelle que soit leur discipline, s’ils étaient nés avec leurs facilités.

Oui, certains ont beaucoup plus de facilités que d’autres, Dame Nature les a dotés d’un physique, d’un équilibre, d’un mental… qui leur permettront d’apprendre les gestes performants, d’avoir une locomotion optimisée.

Mais, tous ne sont pas égaux dans la difficulté.

En regardant le trot de Totilas à 4 ans, puis sur ses reprises en fin de carrière, je me rends compte qu’il a appris à changer sa locomotion pour être plus aérien, plus rebondissant. Lors d’un workshop avec Isabelle Werth, j’ai noté qu’à plusieurs reprises elle s’est attardée sur « le swing du corps en mouvement » pour améliorer la locomotion de ses chevaux. Je vais prendre l’exemple du trot, mais la démarche serait la même pour les autres allures, et même pour le saut d’obstacles.

 

L’entraînement

Nous pourrions prendre le parallèle du coureur à pied qui, pour gagner en performance, va travailler sa foulée. Pour cela, il va travailler des gammes, faire du renforcement musculaire et s’assouplir. Il va faire évoluer son schéma corporel pour optimiser sa foulée qui lui est propre.

Pour le cheval, nous pouvons faire le même parallèle, avec des points de vigilance. Tous n’ont pas les capacités physiques pour trotter comme Totilas, mais je suis persuadée que tous peuvent améliorer leur locomotion, si cela est fait avec beaucoup de bienveillance.

Pamfou dressage a écrit un article « créer de l’expression au trot » en collaboration avec Anne-Sophie Serre, que je vous invite à lire pour avoir le regard du cavalier de dressage de haut niveau français.

Il doit apprendre à bouger différemment. Pour cela, il doit se muscler, s’assouplir, se mécaniser. Ce travail prend du temps, demande de la patience. Le cavalier doit être à l’écoute de son cheval pour ne pas brûler les étapes, laisser le temps au corps du cheval d’assimiler et de s’adapter à ces efforts et de prendre de la force. Il ne faut pas avoir peur d’ajuster ses entrainements et être progressif pour éviter les courbatures.

Il ne faut surtout pas oublier que votre cheval a sa propre progression, son propre « trot expressif ». Il faut respecter sa cadence, ses capacités à progresser !

 

Les bénéfices des séances ciblées « biomécanique »

Je vous invite en préambule à relire l’article sur les bienfaits du massage équin .

Anne-Sophie SERRE explique que « comme chaque allure, le trot doit être naturel. Souple et décontracté, le cheval doit se mouvoir avec aisance, en l’absence de toute résistance et de raideurs musculaires, permettant aux foulées d’être à la fois élastiques mais aussi bien symétriques »

Lors de mes séances, à l’aide de massages et d’exercices ciblés de mobilité et de stretching, je vais apprendre à votre cheval à prendre conscience de ses capacités, à relâcher ses muscles, à décontracter l’ensemble de son corps. Toutes les résistances et raideurs seront éliminées, je vais pouvoir l’aider à gagner en amplitude, à « reprogrammer » son schéma corporel.

Le travail en passif permet au cheval de le réutiliser en dynamique, lors de ses entrainements.

Un étirement allonge le muscle, modifiant le schéma corporel et la proprioception. Le corps a besoin d’un temps d’adaptation pour assimiler et apprendre à bouger avec de nouvelles amplitudes. C’est pour cela, que ces étirements sont réalisés loin des entrainements, et jamais avant une compétition au risque de perdre en performance. Ils rentrent dans un programme complet d’entrainement, d’amélioration de la locomotion. Le cheval doit ajouter de la tonicité, de la force dans ses gestes plus amples.

Les étirements doivent être réalisés régulièrement, ou le cheval doit régulièrement travailler dans les amplitudes gagnées, sous peine de perdre sa souplesse au fil du temps.

Aucune donnée scientifique valide le fait qu’un étirement passif diminuerait les courbatures, le risque de blessure, ni améliorait la performance. Il n’a d’intérêt que l’amélioration d’un geste limité par une perte d’amplitude, une dissymétrie.

Vous savez que j’aime faire le parallèle avec le coureur, étant moi-même coureuse à pied. Je vous propose de lire cet article et vidéo « étirement en course à pied, mettons les choses au clair » très bien fait.

 

Voici un extrait du travail en cours que je réalise actuellement avec Topaze, qui a naturellement un trot « très rasant », avec peu de rebond.

Pour en savoir plus sur les séances ciblées « locomotion » pour votre cheval, n’hésitez pas à me contacter.